Roumanie - manifestations anti-corruption

divers Europe
Date: 12 août 2018

Manifestations anti-corruption émaillées de violences

Alors que la Roumanie reste engluée par la corruption, des manifestations étaient organisées
dans tout le pays, vendredi 10 août. Les manifestants descendus dans les rues par milliers ont dû faire face
à « l’intervention brutale de la police anti-émeutes », selon les mots du président lui-même.

 

Les manifestations étaient organisées partout dans le pays par des groupes d’expatriés roumains
qui entendaient dénoncer la corruption qui gangrène leur pays, les bas salaires
et les tentatives du PSD d’affaiblir le pouvoir judiciaire.

La Roumanie se classe parmi les États les plus corrompus de l’Union européenne
et Bruxelles surveille particulièrement son système judiciaire.

400 blessés

À Bucarest, certains manifestants ont tenté de traverser les cordons de sécurité installé
autour du bâtiment du gouvernement. D’autres ont lancé des bouteilles et des pavés sur la police anti-émeute,
qui a répondu en utilisant des gaz lacrymogènes.

La police a déclaré que des groupes de « provocateurs » étaient présents sur la place.
Plus de 400 personnes ont dû recevoir des soins médicaux.

Le président centriste Klaus Iohannis a condamné la violence excessive dont la police a selon lui fait preuve.
« Je condamne fermement l’intervention brutale de la police anti-émeutes,
totalement disproportionnée par rapport aux 
actions de la majorité (des manifestants) »
 a-t-il écrit sur sa page Facebook.

 « Le ministère de l’Intérieur doit s’expliquer rapidement sur la manière dont ont été gérés les événements de la soirée »
 a-t-il ajouté.

Selon les estimations de la Banque mondiale, trois à cinq millions de Roumains travaillent et vivent hors de leur pays, 
soit un quart de la population. Les expatriés sont aussi bien des travailleurs journaliers que des médecins.
L’année dernière, ils ont envoyé à leurs familles l’équivalent de plus de quatre milliards d’euros,
une manne pour une population parmi les plus pauvres de l’UE.

Des manifestations ont eu lieu à plusieurs reprises devant le siège du gouvernement
depuis que les sociaux-démocrates sont arrivés au pouvoir début 2017 et ont tenté de dépénaliser 
plusieurs infractions en matière de corruption.

 

Leur volonté de modifier le code pénal a suscité l’inquiétude de la Commission européenne
et du département d’État américain. Ces modifications font l’objet d’un recours devant la Cour constitutionnelle.

Ouest-France

 

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